C'est fou, je viens ici trois fois par semaine et je reste dans les sentiers battu.
Pourquoi? Peut être parce que j'avais peur du sentiment qui allait m'envahir.
Je savais quel effet ça me ferai.
La nostalgie c'est comme ça qu'on l'appelle. Mais voila aujourd'hui j'ai franchi la ligne, j'ai avancé.
Je suis devant tant d'endroits que j'ai connu il y a si longtemps.
Et du coup comme un flash j'ai revu tout ce que j'avais oublié, tout ce qui n'est plus là.
Et je suis passée devant cette fontaine et c'est la que les larmes me sont montées aux yeux...
Les souvenirs.
Je me revois avec elle. Je me revois les pieds dans l'eau. L'époque où les conflits n'existaient pas.
No sex, no drugs, no alcohol. Juste du bonheur, de l'amour et de la complicité.
Et j'aimerai lui dire que je l'aime mais j'y arrive pas.
Non je ne pleure pas, c'est le froid. Si je pleure.
Et depuis bien longtemps ou je n'écrivais plus rien, me voilà assise sur un banc à me vider, à faire couler l'encre, là, sur le vif.
C'est maintenant que je m'apaise.
J'exorcise tout ce que je refoulais. Et je vais de l'avant. Je me dis que si j'étais toujours ici, je ne les connaitrai peut être pas, eux que j'aime tant, eux qui sont si important pour moi.
Est ce que c'est aujourd'hui la fin de mon blocage pour écrire. Je l'espère. Je me libère. Je respire. Je profite.
Piquée au vif comme à chaque fois, je m'apaise, je pense, je vis.
J'écris.
« Il est 5 heures et j'ai mon texte sous les yeux, j'avais besoin de vider mon sac et tout d'un coup je me sens mieux. C'est tout ce que je sais faire. »
J'écris, j'écris, j'écris...
Sans retouche, ni reprise, ni rature. Piquée au vif, simple expression de mes sentiments, égale à moi-même.
Vraie